MANIÈRES DE VOIRE

MANIÈRES DE VOIRE

Le monde à l’heure de la justice sélective

Depuis une semaine, le monde est entré dans une nouvelle phase  dans la gestion des conflits internationaux. Les bombardements à l'arme chimique menés dans la capitale syrienne font peser sur toute la région du Moyen-Orient le spectre d'une intervention militaire de certaines armées occidentales . Cette réaction rapide et sans équivoque (même si elle peut être qualifiée de tardive) des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne et d'autres pays sur ce massacre ignoble de populations civiles montre que la communauté internationale est capable de réagir quand la situation l'exige du moins en principe. En effet, cela fait un mois que dans un pays non loin de la Syrie une partie de la population est traquée, emprisonnée et tuée à coup de balles sans que cette communauté internationale ne réagisse. Autant pour moi, la réaction a eu lieu mais c'est le degré et l'intensité qui fait défaut. En Égypte l'armée a usurpé le pouvoir aux mains d'un Président démocratiquement élu pour la première fois dans ce pays sans que les condamnations dignes de ce nom n'aient été faites. Et pourtant, l'armée égyptienne a tué depuis son triste coup d'état plus de 1000 vies civiles soit autant ou plus que les bombardements à l'arme chimique (dont on ignore officiellement l'auteur en attendant l'enquête de l'ONU) en Syrie alors qu'est-ce qui explique ce deux poids deux mesures de la part de la communauté internationale ? Pourquoi doit-on intervenir en Syrie au nom du droit d'ingérence humanitaire et non en Égypte ? Les vies des milliers d'égyptiens de tout bord tuées dans le pays de Nasser valent-elles moins chères que les vies syriennes ? La réponse à toutes ces interrogations devrait forcément conduire la communauté internationale à intervenir militairement dans le pays des pharaons afin de faire revenir le pouvoir démocratiquement élu par plus de 52% de la population égyptienne une fois l'intervention en Syrie terminée.

Par ailleurs, la situation en Syrie est inacceptable et j'en conviens mais il est tout de même incompréhensible de vouloir démettre le pouvoir de Bachar AL Assad (objectif inavouée de cette intervention) alors qu'une injustice notoire se déroule non loin de là. En effet, quoi qu'on puisse reprocher à Mouhamed Morsi et aux frères musulmans, ils restent les autorités légitimes et démocratiquement élues par le peuple égyptien. Par conséquenT, toute abrogation de ce processus démocratique devrait être suivi par des sanctions de la part de la communauté internationale. Et vu que le coup d'état militaire de l'armée égyptienne s'est poursuivi par des crimes atroces sur plus d'un milliers de populations, l'intervention militaire devient inéluctable au nom du droit d'ingérence humanitaire.

C'est avec cette crise syrienne et ce coup d'état en Égypte que l'impartialité de la communauté internationale sera jugée. Et j'espère que celle-ci sera digne de la communauté internationale sinon on peut mettre aux oubliettes la réforme du conseil de sécurité et de l'ONU.



29/08/2013
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